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Un interview pioché dans un journal.


Patrick Grignon Une pointure de l'arbitrage
Patrick Grignon qui arbitre souvent des championnats du monde. C'est un arbitre
International et puis il a encore une autre position dans la Fédération française que je vais lui demander de dire Je suis le président de la commission nationale d'arbitrage ça veut dire que j'ai sous ma responsabilité à l'heure actuelle de 2832 arbitres. Ça te plaît le métier d´arbitre? J'ai toujours fait que ça moi a arbitrer ça fait 37 ans que j'arbitre ça fait 20 ans que je le fais à haut niveau j'ai la chance d'avoir tout arbitré dans ma vie donc c'est vrai que je me déplace beaucoup à l'étranger. Qu'est ce qu'il faut faire pour être un bon arbitre? Ah, il faut avoir de la présence, du charisme, de l'autorité, il faut surtout très bien connaître son règlement il faut savoir faire preuve de pédagogie de psychologie c'est un ensemble faut pas toujours appliquer le règlement bêtement, c'est pas ça la pétanque c'est justement à trouver ce juste milieu et c'est ça qui est difficile quand on est arbitre. Il y en a qui y arrivent très bien et d'autres n'y arrivent pas.
Et tu t'amuses pendant toute la journée juste en arbitrant ? Alors effectivement beaucoup de gens me disent qu'ils ne pourraient pas faire ce que je fais parce que j'aurai je suis le premier arrivé sur le concours et le dernier parti fait en moyenne entre 12 et 15 heures d'arbitrage par jour alors oui mais si j'aime bien parce que je vois les grands champions je vois ce qu'ils sont capables de faire, bien sûr que j'aimerais jouer avec eux j'aimerais jouer contre eux mais voilà c'est un choix que j'ai fait je fais le choix de l'arbitrage et c'est ce choix là qui m'a permis justement d'être connus et reconnus dans le monde entier de pouvoir être avec eux à leurs côtés les côtoyer et pour pouvoir justement les voir et les apprécier de encore de plus près. Tu te rappelles d'une faute d'arbitrage que tu avais fait dans ta carrière? Alors ça va paraître un peu prétentieux mais a ma connaissance on n'a jamais fait remarquer que j'ai fait une faute d'arbitrage unis dans la mesure ni dans l'application du règlement parce que c'est vrai que je suis passionné de règlement je l´étudie tous les jours je suis dedans je peaufine d'ailleurs je donne des conseils dans le monde entier je forme dans le monde entier. Tu as encore un rêve dans la pétanque? Oui le rêve je sais pas si ce sera possible mais c'est en 2024 aux jeux olympiques il me restera tout ça j'espère que je pourrai aller l'arbitrer puisque ce sera à Paris mais voilà ce sera mon dernier souhait parce qu'après faut pas se voiler la face c'est quand même du temps c'est aussi de la fatigue donc il faut avoir une bonne condition physique quand on est arbitre surtout quand on fait ce type de manifestation et faudra bien que ça s'arrête je suis pas plus jeune j'ai 58 ans cette année voilà donc place aux jeunes c'est aussi ça!

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Commentaires (0) Guy Messager Mercredi 17 Août 2022 20:34

Rencontres avec les stars

Rencontres avec les stars

Un article sur Marco Foyot paru dans Boulistenaute


Un grand champion avec la classe !
Un grand champion
 
Marco Foyot  Admiré par les uns, détesté par les autres, observé passionnément par tous : celui qui symbolise à lui seul, après quarante ans d'une carrière flamboyante, tout un pan de l'histoire de la pétanque continue à enflammer les foules. Pour ce dernier entretien de l'année, l'un des derniers monstres sacrés de la pétanque a accordé à Boulistenaute.com une longue interview qui alterne gouaille, amour du jeu, coups de griffe, nostalgie et franc-parler. De quoi ravir ses admirateurs, irriter ses détracteurs, et dessiner une évidence : Marco Foyot est toujours là.
 
 
Oui, oui, plus que jamais (rires). Tu vois, c'est marrant : je vais avoir cinquante-huit ans , et j'ai l'impression que j'en ai trente-cinq.
 
 Tu es le dernier de ta génération, avec Christian Fazzino, à faire partie du haut niveau. Après toutes ces années de compétition, qu'est-ce qui te porte, où est-ce que tu trouves encore le plaisir, et le désir, de jouer ?
 
Tu sais, il y a plusieurs motivations. L'amitié, d'abord, quand je fais des parties avec Passo, avec des copains. Et puis le challenge sportif : quand je vais disputer un championnat de France, je suis dans le même état d'esprit que Quintais, ou Christian Fazzino. D'ailleurs, si tu regardes les résultats des vingt dernières années, on était souvent au bout.
Ma motivation, elle est là pour ces très grands concours; maintenant, c'est vrai que j'en ai un peu marre d'aller faire des nationaux. Je dois être un des joueurs qui en a gagné le plus, j'en suis à plus de cinq cent victoires. Bon, c'est sur quarante ans, ceci explique peut-être cela...
 
Justement, quarante ans, c'est énorme. Beaucoup de joueurs ont brillé pendant cette période, et ne sont plus sur le circuit. Qu'est-ce qui explique cette longévité?

Les rencontres, et les associations. Christian a rencontré Voisin avec qui il est resté durant de longues années, moi j'ai rencontré Authieu et Mélis : avec eux, j'ai pratiquement tout gagné. Ensuite, je me suis installé dans le Midi, j'ai eu la chance de rencontrer René Luchesi, avec qui j'ai gagné deux Marseillaises, un championnat de France et une multitude de tournois.
Après, je suis parti sur Béziers où j'ai joué avec les deux Roger, Marco et Marigot, après quoi Bernard Gasset m'a fait la proposition de monter un team avec le groupe Nicollin et la Mairie de Montpellier, et je me suis associé avec Passo. Nous avons complété l'équipe avec Jojo Farré, mais on aurait pu la faire avec Denis Salvador, qui était un joueur extraordinaire. Dans toutes ces équipes, je pense que j'ai amené quelque chose, ma motivation, ma vision du jeu, mon ambiance. 
 
 
 
Revenons sur cette finale du Mondial de Millau, cette année. Tu l'as disputée à un poste inhabituel, celui de pointeur. Qu'est-ce que tu as ressenti, est-ce que tu y a pris autant de plaisir qu'à occuper celui de milieu, auquel on te voit évoluer habituellement ?

Ça m'a amusé, même si je ne le ferais pas toute l'année. Le mois dernier j'étais aux Etats-Unis, où j'ai battu en finale Damien Hureau et où j'étais tireur : je me suis beaucoup amusé aussi. Mais à Millau, pointer, c'était un choix : je vois depuis quelques années Quintais ou Fazzino, qui sont toujours de grands tireurs, le faire et je me suis dit : »Il n'y pas de raison que tu ne puisses pas faire pareil ».
Et j'ai pris beaucoup de plaisir, car j'avais la chance de jouer avec deux bombardiers, Bezandry et Debard : on a pu beaucoup axer le jeu sur le tir, et j'avais souvent à finir les mènes en tirant, c'était d'ailleurs un peu le jeu que nous faisions avec Jojo Farré et Passo. Maintenant, si je dois faire le pointeur avec deux pélardons qui font des carreaux au comptoir et qui se ch... dessus quand c'est le moment d'en faire, ça me plait moins... A Orange, j'ai retrouvé aussi ce plaisir, avec Passo et Bezandry. Alors, pointeur, pourquoi pas ?
 
 A Millau, on vous a vu beaucoup jouer entre six et huit mètres. C'est une distance qui a longtemps été, même si on y revient depuis un an ou deux, peu utilisée à haut niveau. Quel est l'intérêt, selon toi, qu'il y a à jouer près?

C'est vrai que depuis quinze, vingt ans, beaucoup d'équipes jouaient très loin. Moi, j'ai toujours été plutôt anticonformiste par rapport à ça. Ça a commencé avec Loy, qui aurait envoyé le but à vingt-cinq mètres s'il avait pu, avec Quintais, avec Christian (Fazzino), qui aimait jouer très loin, etc...
Moi, ça me fait mourir de rire : avec Passo et Farré, pendant dix ans, on a joué contre Choupay et Loy, contre Quintais, Morillon et Jean-Luc Robert, contre Voisin, Fazzino et Suchaud, et on envoyait à six mètres cinquante, sept mètres. On n'en avait rien à faire : comme Raoul Bonfort le disait souvent, quand tu te sens fort, tu envoie le bouchon près. Ça met la pression aux adversaires, et j'aime ça : en plus, quand tu joue avec un Passo qui peut te faire un carreau sur deux entre six et huit, la pression, tu ne l'as jamais.
Et puis, la pétanque, j'aime bien que ce soit spectaculaire : et le spectacle, c'est entre six et huit mètres que tu l'as. Il n'y a qu'à voir les finales des Masters de cette année et de l'année dernière : ça jouait à dix mètres, on n'a pas vu grand-chose. Mais ce qui m'épate le plus, c'est quand je vois des petites équipes envoyer à dix mètres contre des grosses : ils n'ont aucune chance.
 

On spécule beaucoup, sur les forums et ailleurs, sur ton équipe pour 2012. On a entendu beaucoup de choses, on a parlé des États-Unis, du Canada, de différents clubs français. Qu'est-ce qu'il en est exactement?

J'étais en Floride le mois dernier, et c'est vrai qu'on m'a fait certaines propositions. Je vais sûrement acheter une maison là-bas, y passer du temps. J'ai aussi une offre intéressante au Canada : une tournée est prévue en fin d'année prochaine, on verra ce que ça donnera, mais tout ça, c'est plutôt pour 2013, 2014, évidemment.

Et pour 2012 ?

J'avais une proposition sur Paris, qui ne s'est pas faite, une autre à Capbreton, qui incluait la venue de Pascal Miléi, mais il ne peut pas y venir. Il a une opportunité de travail en Bourgogne et il va signer en Saône-et-Loire. J'aurais pu jouer aussi dans le 13 avec Passo et Miléi : ça, ça m'excitait beaucoup, mais ça ne se fera pas non plus.

Et donc ?

Je vais jouer dans l'Hérault, à Castelnau-le-Lez, à cinq kilomètres de chez moi. Il y a tout un truc qui se met en place, je vais jouer avec un jeune qui a été champion d'Europe, le petit Moineau (Jean Feltain) et... Eh bien là, c'est encore un point d'interrogation : j'aurais aimé que ce soit Passo, mais nous ne jouerons sûrement pas ensemble. Donc, je ne sais pas encore.
Mais je quitte les Landes avec beaucoup de tristesse : j'ai beaucoup d'amis là-bas, mais ça me faisait trop de kilomètres. Bien sûr, ça ne change rien pour le Souvenir Mario Foyot : il sera encore plus beau, avec en plus un national mixte et un grand tête-à-tête, les 14, 15 et 16 juillet
 
Tu es un joueur qui a beaucoup de présence dans le jeu, une présence qui met parfois la pression à certains adversaires, et tu aimes en jouer. Est-ce que tu penses que c'est le plus important, ça, pour un joueur de boules, savoir résister à la pression ?

Bien sûr. Ça fait partie de tout ce que j'ai appris, tout jeune, de mon père, et puis ensuite d'Authieu, de Mélis, de Robert Lebeau. Lebeau, c'était un personnage extraordinaire : les tireurs de maintenant, il les aurait tous fait partir en courant. Ou Rouvière : Rouvière, c'était une énorme personnalité. Quand il arrivait à 11-11, 12-12, c'était le plus fort. Quand tu tapais contre ces mecs-là, ça te faisait le caractère.
Aujourd'hui, je n'en vois pas un qui ait le charisme qu'ils avaient. Ces gars-là mettaient la pression, ceux de maintenant la subissent et font la gueule. Aujourd'hui, on s'emmerde un peu quand on regarde les parties.
 
Toi, tu aimes bien jouer de ça. Tu as beaucoup d'admirateurs, mais aussi beaucoup de détracteurs, essentiellement pour cette raison. Est-ce que tu trouves normal qu'on déteste ce qu'on appelait autrefois la musique, ou le cinéma, ou bien est-ce que tu défends ça ?

Mais moi, je défends ça à deux cent, trois cent pour cent. Pourquoi je défends ça? Mais parce que les gens qui détestent ça, ce sont des gens qui s'emmerdent dans la vie, des gens qui voudraient que la vie soit triste.
Moi, je donne du bonheur aux gens : on m'aime ou on me critique, mais quand je joue, il y a trois fois plus de monde qui regarde. A Orange, la présidente m'a remercié parce que c'était plein pour voir jouer Foyot et Passo.

Donc, pour toi, la pétanque doit aussi être un show, un spectacle?

Bien sûr, c'en est un. D'ailleurs, quand un arbitre m'annule une boule ou me met un carton, ça me fait rire, parce que ces mecs-là, je les fais vivre. Bon, là, on peut penser que je fais mon Alain Delon, mais n'empêche que je suis conscient de ce que j'ai apporté aux boules.
Et puis ceux qui ne m'aiment pas, je vois que lorsqu'ils me connaissent un peu, et bien ils changent d'avis. Tu vois, les Canadiens que j'ai rencontré en Floride, au début, ils avaient pas mal d'à-prioris sur moi. En partant, ils me proposaient une tournée chez eux, ils avaient complètement changé d'avis. C'est souvent comme ça avec ceux qui passent trois quatre jours avec moi : ils révisent leurs idées toutes faites.
 
 Tu as connu la pétanque d'antan, tu continues à affronter les champions d'aujourd'hui. Quels sont ceux qui t'ont marqué, ceux que tu as été fier de battre?

Fazzino, bien sûr, puisqu'on a passé des dizaines d'années à se taper contre, et puis Passo, aussi : quand je descendais dans le Midi, dans le temps, c'était un de ceux que j'avais envie de battre. Mais il y avait beaucoup d'autres beaux joueurs contre qui je me régalais : Baldo, qui était un joueur extraordinaire, Rouvière, très très fort, mais pour moi, la légende, c'était Bébert de Cagnes. C'était un champion beau à voir jouer, toujours souriant, pour moi c'était le meilleur.
Il y avait aussi les frères Naudo et Claude Baills, des joueurs qui m'ont marqué. Le frères Lebeau, les frères Mattei à Paris : j'ai tout appris en les regardant. Marcel Sarnito également, et bien sûr ceux qui m'ont tout montré, Mélis et Authieu.
 
Alors précisément, tu es un joueur francilien, puisque tu es originaire de Meaux, et on s'aperçoit que tu as essentiellement joué avec des joueurs du Sud, même lorsque tu étais à Paris. Un Sud ou tu as d'ailleurs fini par t'installer. Ça vient d'où, ça ?

Peut-être parce qu'il fait beau, dans le Sud (rires). Non, c'est un hasard de la vie en fait : je suis parti dans le Midi parce que je prenais un mauvais pli à Paris, je sortais beaucoup, c'était l'époque ou j'étais avec Eddy Barclay, Thierry Le Luron, toute la bande.. J'ai eu l'opportunité de descendre au Pontet, grâce à Serge Lapietra, et c'était mieux pour ma femme et mes enfants.
Ensuite il y a eu des changements, un divorce, j'ai rebondi dans l'Hérault. Tu sais, c'est un peu ma vie ça, je suis un globe-trotter des boules, je suis bien partout avec les gens que je choisis. J'ai encore la chance de pouvoir choisir, même à cinquante-huit piges, c'est bien, non ?

Tu vis de la pétanque depuis pratiquement toujours, et en même temps tu es un des seuls à y être parvenu. Pourquoi à ton avis, et penses-tu que ce sport puisse un jour se professionnaliser ?

Tu sais, je ne fais pas que jouer. La pétanque, je la vends aussi. Si tout le monde faisait pareil, ça irait mieux : quand je dis qu'un champion du monde devrait gagner au moins cinq mille euros par mois, ça fait jaser à la Fédération, ça fait crier « Au secours! » dans les bistrots, mais c'est pourtant normal dans plein d'autres sports.
A l'époque, les gens de chez Obut avaient investi dans des équipes comme Brocca-Otello-Palmerini pour développer leur communication, ils avaient un beau budget pour ça. Aujourd'hui, quand je vois des joueurs qui font des pieds et des mains pour avoir un contrat de trois cent ou cinq cent euros, je suis mort de rire.
En ce qui me concerne, c'est plus facile pour moi de gagner deux ou trois mille euros sur une opération de communication à l'étranger que de récupérer trois cents euros dans un national. Mais ça, ça vient après des années et des années passées à monter mon propre business, à réfléchir et à bien m'entourer : ça, c'est le plus important.
Tu comprends, un champion, c'est comme un artiste, il a besoin d'être épaulé par des gens compétents, et dans la pétanque, il n'y a pas beaucoup de mecs qui l'ont compris. C'est dommage, parce que les champions du monde d'aujourd'hui devraient vivre beaucoup mieux.
 
 
Tu étais le mois dernier en Floride, tu reviens de la Réunion. On t'a vu l'an dernier faire une tournée en Chine, après des voyages en Australie, au Japon. Tu es donc non seulement un ambassadeur de la pétanque française à l'étranger, mais aussi un bon observateur de la pétanque internationale. Qu'est-ce qui change au sein de celle-ci?
 
Ce que je vois, c'est que certaines nations, qui étaient en retard, se rapprochent de plus en plus de la France. Prend Madagascar : pour moi, ce sont les Brésiliens de la pétanque. On en voit quelques-uns en France, mais il y en a au moins trente ou quarante du même niveau là-bas. Au Maroc, en Tunisie, il y a de super-tireurs, en Thaïlande, n'en parlons pas. En Floride, j'ai gagné de justesse contre des Russes qui jouaient super-bien.
  
Alors, justement, on entend dire de plus en plus souvent que la suprématie française n'en a plus pour très longtemps, qu'elle ne repose que sur trois ou quatre joueurs exceptionnels. Qu'est-ce que tu en penses ?
 
Déjà, on n'a plus qu'une équipe. C'est dommage, je trouve : c'était tellement beau de voir deux ou trois équipes françaises, deux équipes tunisiennes, deux équipes belges dans un championnat du monde. Parce qu'Henri Lacroix et Suchaud, comme ils sont partis, ils peuvent être champions du monde pendant quinze ans : chaque fois qu'ils ont perdu, c'était contre une autre équipe française.
Mais bon, en même temps, Madagascar ou la Thaïlande sont de plus en plus proches, et je suis convaincu qu'ils parviendront bientôt au titre.
 
Tu as gagné six fois le Mondial la Marseillaise, et tu cours depuis dix ans après une septième victoire, qui te placerait à la hauteur d'Albert Pisapia. Qu'est-ce qui a manqué aux équipes que tu as formées depuis 2000, ou tout simplement qu'est-ce qui t'a manqué à toi ?
 
J'ai parfois monté des équipes pour faire plaisir à des gens qui me l'avaient demandé, mais ce n'étaient peut-être pas les bonnes formations. D'autres fois, l'équipe était bonne, et puis ça s'est passé un peu bêtement, on a perdu une partie qui, si on l'avait gagnée, nous aurait peut-être permis d'aller au bout.
Et puis tu sais, c'est un concours tellement aléatoire : les allées du parc Borély, c'est très différent du dernier carré, quand tu rentres sur le Vieux Port. Et puis c'est une question de chance. La chance, j'en ai bénéficié : j'ai fait six finales, j'en ai gagné six. Ça n'arrive jamais, çà : à Millau, j'ai fait douze ou treize finales, j'ai réussi à en gagner six, et je trouve ça bien.
Voilà, un palmarès, ça se fait comme ça, ça ne tient pas à grand chose. Et en même temps, j'ai fait deux demi-finales et trois quart de finale à la Marseillaise : je pourrais en être à onze victoires. C'est ça les concours : ces dernières années, ça ne m'a pas trop réussi, on verra l'année prochaine...
 
Tu donnes des cours régulièrement, au sein de tes stages, à des jeunes et à des moins jeunes. Qu'est-ce que tu tentes, au-delà d'une bonne technique, de leur inculquer ?
 
Ça dépend à qui je m'adresse. Lorsque je prends des gamins, ce que je leur apprends en premier, c'est le respect du jeu, de l'adversaire, du règlement, le positionnement dans le jeu : ils m'écoutent et ils retiennent.
Quand je fais des stages d'entreprise par contre, j'essaie de m'appuyer sur la notion d'équipe, de solidarité, de complémentarité, sur la relation humaine dans le groupe : on peut apprendre tout ça à travers la pétanque. Tu sais, j'ai une façon d'enseigner la pétanque assez différente de celles que suivent d'autres organisateurs de stage : je n'utilise pas des notes compliquées, des exercices froids, je dialogue beaucoup. Je prends souvent peu de monde à la fois, ou bien je m'appuie sur un ou deux éducateurs, de façon à avoir le temps de parler avec chacun de mes stagiaires, de passer du temps avec eux.
Je vais les chercher à l'avion, je mange avec eux, je les amène danser ou faire un karaoké : on vient aussi chez moi pour se détendre. Voilà, je transmet ce que je sais : tu sais, j'ai réussi à doper certains de mes partenaires à des moments où ils étaient complètement à l'envers, je suis arrivé à me surmotiver dans des parties où j'étais naze et à avoir l'air au top, alors j'utilise cette expérience dans mes stages.
 
Depuis qu'on te voit jouer, on a l'impression que cette vie, que tu as entièrement consacré à la pétanque, a été une fête permanente. Est-ce que c'est une réalité, est-ce que la vie de Marco Foyot, c'est magique, selon une expression que tu aimes bien employer ?
 
Non, on ne peut pas le dire comme ça, mais c'est vrai que je n'aime pas m'ennuyer, et que je me suis beaucoup amusé dans ma vie. Malheureusement, la pétanque en France commence à m'emmerder. Je trouve qu'il y a une très très mauvaise ambiance générale, et je prends souvent plus de plaisir à donner des cours.Et c'est vrai que quand je vais faire un tournoi, je cherche surtout à m'amuser, à jouer avec l'adversaire, les spectateurs. Mais selon contre qui on joue, ça devient difficile : il y a beaucoup de morts-vivants sur les jeux aujourd'hui.
Moi, j'ai besoin du contact : s'il n'y en a pas, je m'ennuie. Sans les citer, il y a beaucoup de grands joueurs pour qui c'est le contraire : eux, ils ont besoin de jouer tranquilles, peinards, sinon ils disjonctent. Fazzino, lui, personne ne le faisait disjoncter, il était indestructible. Bon, c'est comme ça, mais tout ce truc devient un peu triste

Tu as aussi participé à l'entrée de la télévision dans le monde de la pétanque, et tu joue toujours régulièrement un rôle de consultant auprès de France Télévisions. Lorsque tu étais encore un jeune champion en devenir, est-ce que tu imaginais que la pétanque serait un jour aussi médiatisée ?

La première émission de télé qui se soit faite sur les boules, si l'on excepte les émissions de Jo Arama dans la Tête et les jambes, j'y ai participé avec Eddy Barclay, Darry Cowl et Jean Lefebvre : c'était Sport Dimanche, animée par Michel Denisot sur la première chaîne. Ensuite, j'avais participé à Inter-continents, avec Guy Lux, où je devais frapper des boules pour aider les concurrents qui ne parvenaient pas à répondre aux questions.
C'était il y a longtemps, mais je savais déjà que la télévision serait un jour incontournable pour la pétanque. Et c'est pourquoi ça a été très important que Denis Naegelen amène Quarterback dans la pétanque, ou que Mourousi décide de couvrir la Marseillaise. La Marseillaise, c'est trente-cinq heures de pétanque, reprises par plusieurs télévisions.
C'est ça l'avenir de la pétanque : mais il faut que les joueurs le comprennent, qu'ils respectent les spectateurs et les téléspectateurs, qu'ils aient un sourire quand ils font un carreau, qu'ils fassent un clin d'œil à la caméra, qu'ils arrêtent d'être constipés. En fait, il faut jouer, mais il faut aussi donner du bonheur aux gens.
  
En fait, ce que tu dis depuis le début de cette interview, c'est qu'être un champion, ce n'est pas juste faire des carreaux et des reprises, mais que ça va encore plus loin

Exactement. Et je le dois à mon père : il avait créé un club en région parisienne, s'occupait des jeunes, et il m'a appris le respect. Il me disait : « Marco, dans la vie, sois coquin mais respecte les autres. » C'est ce que j'ai fait : je suis malin, mais je respecte tout le monde. Ce n'est pas un mal d'être coquin, c'est une preuve d'intelligence. Henri Lacroix, Christian Fazzino sont malins dans le jeu, et ils sont très respectueux des autres. Moi, j'ai aussi le respect de ça.

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Commentaires (0) Guy Messager Mercredi 17 Août 2022 14:55

Rencontres avec les stars

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Jean Claude Bréfort et Daniel Joyeau avec Le Roi Quintais


L'as de la pétanque

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Commentaires (0) Guy Messager Dimanche 22 Mai 2022 21:17

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Yohann et son idole


La belle  équipe

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Commentaires (0) Guy Messager Dimanche 22 Mai 2022 21:15

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Nicole avec Philippe Suchaud et Philippe Quintais au national de Caen


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Commentaires (0) Guy Messager Samedi 2 Avril 2022 15:52

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Carole avec Christian Fazzino à Châteauneuf du Faou


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Commentaires (0) Guy Messager Samedi 2 Avril 2022 15:50

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