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Association de Défense et de Promotion du Jeu Provençal



Un message qui tombe sur le téléphone, dans l'après-midi...Un message hélas redouté de mon ami Jean-Marc...C'est fini, son idole s'est endormie pour toujours, doucement, entourée des siens, après avoir lutté comme le vaillant guerrier qu'il était dans cette ultime partie qui hélas était devenue ingagnable...


Loule Benoit Gonin nous quitte à 82 ans, lui la Légende absolue du Jeu Provençal parmi les rares champions détenant 5 Provençal et 4 maillots tricolores outre les plus grandes classiques.


A titre personnel je suis profondémment triste ce soir, et même si nous redoutions cette issue, je reste choqué et sonné par la nouvelle. Tant de choses se bousculent dans ma tête, tant de souvenirs, d'anecdotes, le timbre d'une voix inimitable, les mimiques, le rire, le regard...Les interviews des derniers temps avec Jean Marc au Borély, les reunions et rencontres à Pertuis pour avancer sur le Trophée des Anciennes Gloires dont il reste le parrain numéro un et que nous honorerons comme il se doit en août prochain par une distinction spéciale à son nom.


Alors oui j'aimais retrouver ce colosse, on le surnommait affectueusement "monstre" et il me racontait des parties, des mènes, avec toute sa mémoire, même si quand il oubliait un nom il disait "Chose"...ça me faisait rire...Tiens il me raconta un jour comment avec Dédé Salles et Antoine Matalana, ils avaient perdu le fil c'est le cas de le dire de cette demie finale du Provençal 1977  contre le varois Tropini Allegre Baragatti, et imaginant tous les trois un devers sur une ligne blanche de chaux qui n'existait pas alors qu'ils menaient 8/2 avant de sombrer...Ou encore cette finale du France deux en deux 1983 à Bordeaux avec le Mori Gastaldi où il expliqua à Macari perdant en demi comment lui il avait trouvé la clef pour battre la doublette mayennaise de Croci et Perez...Sans oublier les expressions du style "On est mal rentré dans la partie, les boules on les pinçait..." ou encore "Je glissais, j'étais pas dans mes allures...", ni les traits de caractère des plus grands champions qu'il avait cotoyé et dont il connaissait tous les atouts mais aussi toutes les failles...Une vraie bible à coeur ouvert.


Alors je remets ci dessous l'article que je lui avais consacré en mars 2016 dans ma rubrique "Un jour, un Champion" suite à un régal d'interview et quelques-unes des plus belles photos de mon ami, de notre ami.


Qu'il repose en paix, il le mérite tant il a lutté.

Une affectueuse pensée à ses filles Patricia Karine et Valérie, toute la famille et les nombreux amis. 


Ce soir la grande Famille du Jeu Provençal et de ses Anciennes Gloires est en deuil. Les boules ne claquent plus, le silence se fait et la nuit tombe sur la vie de notre Champion. 

Il va manquer, lui qui manquait pas souvent...

Il va nous manquer tout simplement, mais comme les vraies Légendes avec un grand L nous ne l'oublierons jamais. 


Adésias "Monstre", on t'embrasse.





Ci dessous l'article de Mars 2016 :



 

Un jour, un champion - 1er août 1975 : Louis Benoit-Gonin, la "Bombe" éclate au Provençal !

Dimanche 27 Mars 2016
 

"Dans cette partie on a bien demarré, et j'ai frappé beaucoup de boules au point que Bert Pisapia mon adversaire dans cette finale me disait "Oh arrête un peu, manques en une de temps en temps..." et qu'il m'en a toujours parlé...Ce jour là c'est le vendredi 1er août 1975 et ce Champion c'est Louis Benoit-Gonin qui fait une entrée fracassante dans le cercle très fermé des bombardiers de haute lignée ! 

Avec ses partenaires l'excellent Marcel Petronio qui est la régularité absolue et l'appliqué Antoine Ayala il remporte son premier Provençal, en battant en finale l'équipe Albert Pisapia Charles Bindi et Francis Rocchi sur le score de 13 à 6, dans une finale que le grand Loule éclabousse de ses frappes, comme il l'avait déja fait en demie contre René Mussi José Perez et Othello où bien que menés 0 à 9 ils étaient revenus en quelques coups de cuillère à pot pour figer leurs adversaire à 9. Cette victoire c'est la première d'une merveilleuse série dans le plus grand concours du monde, la première de ses cinq étoiles dans l'épreuve. Même si il a déjà accroché le République à Toulon en 1968 avec Orsini et Derissard et s'il a remporté de belles classiques, le jour de gloire de ce champion hors normes est bien ce premier jour d'août 1975 (le Provençal commençait le dernier dimanche de juillet...) où il assomme le stade de l'Huveaune et ses adversaires en volant litérallement sur les boules...

"La bombe" c'est très vite le surnom qu'on lui donne car il ne fait pas dans la dentelle pour chasser les boules visées, dans une course d'élan toute en puissance ou sa masse se déplie harmonieusement pour atteindre la cible, un vrai B52 comme on surnomme les meilleurs frappeurs dans les années 70/80...Il fait aussi penser à Obelix bien sur tant il semble être tombé dans la marmite à frapper des boules tout jeune comme le héros d'Uderzo et Goscinny...

Alors lui le routier des Chartreux, enfant du 4ème arrondissement de Marseille comment a t'il fait pour atteindre le sommet ? "Bon bin tu sais Vincent, j'habitais à 50 mètres des jeux de boules, à la rue Balthazar de Montron et mon père pratiquait déjà la longue à un bon niveau, donc c'était presque naturel que je joue et mon mentor a été  Gaby Orsini le patron du "Sympathic Bar" excellent joueur qui m'a tout appris et avec qui j'ai remporté mon premier grand concours en 1968 à Toulon avec le République. Quel dommage que l'année d'avant en 1967 on ait été obligé d'abandonner en quarts de finale du Provençal à cause d'un problème de santé dans notre équipe...Déjà je m'approchais du but, 8éme, quarts, mardi, mercredi...On compte les jours, on espère toujours arriver au vendredi et là en 75 pour la première fois ou je rentre dans le carré je le gagne...J'étais en forme c'est vrai..." 

Il en gagnera quatre autre en 1984 avec Mario Marini et Claude Ruiz, puis en 1988 et 1990 avec Jo Cavalière et Patrick Griseri avant une cinquième étoile qui le voit égaler Calanotti et le Bimbo en 1993 avec Dédé Massoni et Alain Cortes...Quatre titres de Champion de France, 3 en doublettes : 1977 avec Raymond Gouin à Narbonne, 1980 avec Francis Rocchi à Digne (pourtant ils étaient en froid...), 1983 avec "Mori" Gastaldi à Bordeaux et un en triplette en 1994 avec Dédé Massoni et Alain Cortes à Chevilly Larue...Et pour les classiques il est l'homme de tous les records et le genre de joueur à vous bloquer un disque dur tant son palmarès est énorme...Alors on citera les plus grande lignes avec 4 victoires à Pertuis, 3 au Chauvin au Tholonet, 5 à Brignoles, 4 à Draguignan, 8 à Avignon, 3 à Sisteron, 4 à Digne, 2 fois le Vaccaro, 2 fois Laragne, mais aussi des succès à Grasse, Saint Maximin...Etc...Etc...Il a tout gagné sauf le Midi Libre mais surtout il a régné sur le tir pendant plus de 30 ans, et il a joué avec les plus grands de Massoni à Lovino, en passant par les Salles, Matalana, Rocchi, Gouin, Cortes, Toscano, Matalana, Macari, etc...

Aujourd'hui c'est toujours un compétiteur de premier ordre mais les jambes ne suivent plus, alors il partage encore toute sa passion en officiant comme arbitre et dans les tables de contrôle ou d'organisation. Tout le monde le connaît et vient le saluer, car chacun sait quel monstre il a été pour la Longue...Sa silhouette et sa dégaine ne passent pas inaperçues où qu'il soit car au milieu des années 70, lui le routier sympa s'est imposé comme la Bombe de la Longue.

Un jour, un champion, oui ce 1er août 1975 il y a plus de quarante ans une bombe a éclaté dans le monde du Jeu Provençal, mais c'était une bombe comme on les aime..."Benoit" comme on l'appelle aussi a atteint le sommet et il allait y rester longtemps...

(Merci à Loule pour les renseignements et les photos ainsi qu'à Alain Demichelis, à la Famille Salles et à la Boule Provençale de Saint Maximin)

 
 
               
 
Vincent MEGER
 

Rédigé par Vincent MEGER le Mardi 12 Avril 2022 à 20:37 | Commentaires (0)
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Le Blond,14 ans après...Hommage à Dédé MASSONI


 
 

Aujourd'hui samedi 05 février 2022 cela fait 14 ans qu'il nous a quitté, mais il est toujours présent dans nos mémoires...La légèreté de ses pas, sa classe folle et son adresse sans égal sont en nous pour l'éternité, alors ayons une pensée émue pour le Blond, sans doute le plus beau des joueurs de Jeu Provençal qu'il nous ait été donné de voir.

J'ai remis ci-dessous l'article que j'avais écrit en ce début février 2008 quand il est parti rejoindre les étoiles, lui l'homme aux sept étoiles du Provençal, l'homme de tous les records et le premier de l"histoire à atteindre les quatre titres majeurs (Provençal Midi Libre et les deux maillots nationaux en triplette et doublette).


Lui il ne jouait pas en survêtement, il tirait bel et bien à trois pas posés, et il incarnait une façon de jouer aujourd'hui hélas disparue qui a donné au Jeu Provençal ses lettres de noblesse et ses plus belles images.



Alors Merci Blond !



Le plus fort ? Le plus grand ? Le plus titré ? Le plus beau ? Tout simplement l'UNIQUE !


Une pensée pour sa fille adorée Chanel et pour tous ceux qu'il aimait et qui l'aimaient.





Article du 5/02/2008 pour Boulistenaute :


De la Belle-de-Mai au Parc Borely, de la Roseraie au Stade Calanotti, de l'Estaque à la Pointe des Goudes, du Vélodrome à la Canebiére... Marseille est triste en cet hiver... Dédé MASSONI est parti sur la pointe des pieds, un peu comme sur un dernier tir avec ce style dont il avait le secret...

 


De Franck Racanelli à Bambi Pironti, du Japonais à Loule Benoit-Gonin, de Milou Lovino à Robert Matraglia, d'Alain Cortés à Néné Macari, de Serge Deluy à Pétou Caglieri et à l'aigle noir, Bert Calanotti qui aurait pu lui offrir un premier provençal à 16 ans, tous pourraient vous dire que, s'il n'y avait qu'un champion à retenir, ce serait bien Dédé MASSONI... Le Crack : ce pur-sang qui, sur sa classe, vous fait gagner les courses... le Cacou, le vrai, ce phénomène qui n'a pas de limite et qui ne connait pas la peur... Celui qui peut se permettre en finale du Provençal 82, alors qu'il vient de finir son troisième pas et de lâcher la boule, de crier à Franck RACANELLI : "Tu as gagné !!!" devant une foule en liesse ...

GAGNER : ce drôle de verbe symbole de puissance et de gloire qu'il a su si bien apprivoiser au Jeu Provençal : en effet il est le seul et unique à avoir remporté les 4 titres majeurs de notre sport : Champion de France en doublette et triplette et vainqueur du Provençal (7 fois record aujourd'hui quasi inaccessible !...) et du Midi Libre...

De La Seyne à Chevilly Larue, des Jardins de la Fontaine au Pré de Beaucaire, de Bernis à Brignoles, de la Tour d'Aigues à Montauroux, de Pertuis à Toulon, d'Avignon à Laragne et, bien sûr, dans les allées du Parc Borely, partout où sa silhouette gracieuse s'est dépliée dans cette étrange danse rituelle qui n'appartenait qu'à lui, il a éclaboussé les lieux de sa classe et subjugué la foule par son adresse ...

Partout où il a joué, partout où il a gagné, partout où il a perdu, partout où il s'est trompé et où il s'est égaré, il a toujours incarné à merveille le mythe marseillais : la jeunesse insouciante et audacieuse, la classe, l'adresse, la gloire... mais aussi parfois le vice, le jeu, les mauvais pas, le châtiment, la prison... puis le retour et de nouveau la gloire éphémère avant de nouveau la chute... Un personnage qui aurait pu appartenir à un roman de Jean Claude IZZO... Tout au long des trente dernières années, il aura fasciné tout un peuple marseillais qui l'avait affectueusement surnommé "le Petit" à ses débuts, puis "le Blond" et finalement "Dédé"...

Enfin il me revient en mémoire une anecdote que j'avais pu vérifier lors de ses grandes victoires au Provençal ou à Beaucaire. Dédé avait un style inimitable et tirait sur la pointe des pieds. Et bien, quand il était en grande forme, son pied arrière sur le pas de tir était lui aussi sur la pointe !!! Là il y avait danger et il volait littéralement sur les boules... Si la fatigue se faisait sentir, il posait son pied arrière à plat, mais restait très dangereux... C'est un vieux monsieur qui m'a expliqué ça, un jour au Provençal, en 1983 et j'y faisais attention...

De partout à l'infini, il n'y avait que trois pas et pour la dernière fois il s'est élancé...

Adieu "Blond", Marseille ne t'oubliera jamais !

Vincent MEGER "Raoul30" (Tous droits réservés)


PS : Merci de ne pas polémiquer sur l'homme André MASSONI, ici il ne s'agit que du Champion, accordons lui ce moment de répit.

 


 
 
 
 
 
 
 

A gauche, André Massoni "le Petit" en short, il n'a que 18 ans, lors du Midi Libre à Nîmes en 1969; à droite, "le Blond" en demi-finale du même concours dans les Arénes de Nîmes, quelques années plus tard en 1974...(Source photos archives départementale Ville de Nîmes et collection privée VM)

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

André Massoni "Dédé" en pleine action lors de la finale du concours Le Provençal en 1982 (photo Jac Verheul "jacpetanque")
 
 
 
Vincent MEGER
 




Rédigé par Vincent MEGER le Vendredi 4 Février 2022 à 18:47 | Commentaires (0)
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Il est des noms qui résonnent dans la mémoire collective des suiveurs du Jeu Provençal et de son histoire...Claude Ruiz en fait partie et il est rentré dans sa légende en atomisant litérallement les boules dans les années 80 où il était certainement l'un des trois meilleurs tireurs de France. L'apogée de cette période sera cette victoire dans le Provençal 1984 ou dans leurs jolis tee shirt bleus Claude tirant devant Lous Benoit Gonin et associés à l'ancien arbitre Mario Marini vont remporter ce Provençal de haute volée. Il aurait pu détenir le record de tir tant son 7 sur 9 pesa dans la balance mais le réglement mentionna qu'il avait tiré moins de 10 boules, le record restant à Maurice Guerrieri 1979 avant que Ben Mostefa ne le batte en 2014.


Peu importe car Claude comme on l'appelait plutôt que Jean Claude était un joueur de panache et d'attaque et les stats et chiffres très peu pour lui...

Exilé des Bouches du Rhône pour de sombres histoires extra sportives, le Lion n'avait pas dit son dernier mot et c'est sous de nouvelles couleurs et souvent avec des néophytes ou des inconnus qu'il allait encore briller, avec le Loiret il allait atteindre la finale du France Doublette 1988 à Meudon avec Marchioni battus pas les héraultais de Sansenacq et Cassagne, et en 1990 à Montauban les quarts de finale avec Lazaro pour l'Essonne. En triplettes une demie finale avec l'Essonne à Beaucaire en 1999 et en 1994 à Chevilly Larue et un quart avec le Loiret en 1989 à Mandelieu. 

Avant cela et fin des années 70 et milieu des années 80, des grands prix à la pelle dont Pertuis 1984 et Le Tholonet 1985 et surtout une adresse éblouissante qui subjuguait les spectateurs, ainsi il excellait dans le tir sous jambe au Jeu Provençal ou même en pirouette, bien à son image...


Au point qu'il fut appelé pour doubler l'acteur principal dans les scènes de tir du Film de José Dayan "Plein Fer" dans la décennie 80. Quelques années plus tard nous le retrouvions avec grand plaisir pour la reconstitution de la naissance de la Pétanque à La Ciotat et le centenaire du jeu court en 2007 avec ses compères Benoit Gonin, Macari, René Mussi, Puce Guidoni dans leurs tenues provençales du plus bel effet.

Originaire d'Arenc à l'entrée de Marseille, Claude adorait Saint Victoret son patelin, et si il avait du s'exiler c'était pour mieux y revenir et il gardait de nombreux amis ici.

C'est un grand qui s'en va, un monstre d'adresse, capable de tout et des plus beaux tours de magie, qui font la décision. Mais aussi un bel ambassadeur du Jeu Provençal dans des terres lointaines où il l'avait fait connaître, aimer et briller comme indiqué plus haut.

Plus haut, plus fort, plus grand, plus fou...C'était Claude Ruiz...

Adésias Champion, condoléances à la famille, aux proches et aux amis.

Vincent MEGER "Raoul30" - 28/12/2021 (Tous droits réservés)





Rédigé par Vincent MEGER le Mardi 28 Décembre 2021 à 19:47 | Commentaires (1)
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